Protocoles pour locataires précaires chez les Bailleurs sociaux

Le défi des impayés de loyers en HLM

Les associations de locataires au niveau de l’USH (Union Sociale de l’Habitat, la fédération des bailleurs) ont signé une « Charte commune d’engagements en faveur des locataires en fragilité économique ». A la demande de l’USH Occitanie, le DAL 31 a signé un appel issu de cette charte, avec des propositions communes au gouvernement : renforcer les aides de l’État aux locataires (FSL, APL) et aux bailleurs (Réduction du Loyer de Solidarité, hausse de la TVA) et proposer un moratoire sur les expulsions pour faire de 2020 une année blanche (sans expulsion).

Les bailleurs sociaux de la Métropole ont dernièrement décliné la charte nationale, sous forme de protocoles locaux.

Dans les échanges avec ces bailleurs, en tant qu’association de locataires, nous avons mis en avant nos préoccupations :
• que les situations d’un maximum de locataires en difficulté puissent être prises en compte, qu’ils aient eu des pertes de revenus ou des hausses de charges (alimentaires, eau, téléphone, internet), parce que c’est la réalité qui nous a été rapportée.
• que le contexte économique est tellement incertain qu’il n’est pas possible pour beaucoup de locataires précaires de s’engager dans un plan d’apurement (remboursement de leur dette locative selon un échéancier), si celui-ci ne peut pas être rediscuté en cours de route quand leurs situations changent (perte d’emploi, prolongement du chômage, etc.)
• que les délais permettent des accords jusqu’en décembre 2020 et des remboursements jusqu’à 24 mois.
• qu’un engagement dans ce contexte ne peut pas faire l’objet d’une procédure judiciaire.
• que des bilans réguliers aient lieu entre bailleurs et associations de locataires.

Lorsque la majorité de nos préoccupations étaient prises en compte, nous avons signé ces protocoles, c’est à dire chez Patrimoine, Toulouse Métropole Habitat et Promologis, mais pas celui du groupe Les Chalets.

Les bailleurs ont mis en place des mesures exceptionnelles pour joindre les locataires en difficultés et se disent mobilisés et à l’écoute. Les moyens humains et financiers vont-ils suivre ?
L’État et le département seront t’ils à la hauteur des besoins en abondant le FSL par exemple au-delà du budget habituel ? A quoi ressemblera l’assouplissement des critères qui est promis ?
Les travailleurs sociaux pourront-ils traiter tous les dossiers concernés selon les besoins des locataires et les délais de leurs bailleurs ?

Beaucoup de questions en suspens, alors que l’enjeu concerne les impacts sociaux encore méconnus de la crise sanitaire et la menace d’une explosion des expulsions locatives.
Le respect du droit au logement pour toutes et tous sera dans les mois qui viennent plus que jamais un défi !

Communiqué : le conseil départemental suspend le RSA aux binationaux bloqués

LE CONSEIL DÉPARTEMENTAL DOIT REPRENDRE LE VERSEMENT DU RSA DES BINATIONAUX BLOQUÉS EN ALGÉRIE À CAUSE DU CONFINEMENT ET FAIRE PRESSION POUR LES RAPATRIER !
 
 
L’une des familles adhérentes du DAL, de nationalité française et algérienne, est resté bloquée en Algérie pendant le confinement.

La loi stipule que le versement du RSA doit cesser au bout de 92 jours passés hors du territoire français. Aucune mesure du gouvernement n’ayant prévu ce cas de figure, cette famille se retrouve alors sans aucune ressources, loin de chez eux et sans réponse.

Cet adhérent a contacté toutes les institutions possibles, du bailleur au ministère des affaires étrangères, en passant par la CAF et le consulat : aucune solution n’a été apportée !! Lorsque nous avons contacté le conseil départemental du RSA, la responsable nous a raccroché au nez.

Cette situation est intolérable : ces deux adhérent-es ont droit aux aides de l’Etat ! Le conseil départemental va-t-il laisser cette famille sans ressources, abandonnée à son propre sort ? Sans ces aides, comment vivront-ils, comment feront-ils pour manger demain ? Et combien de personnes sont dans la même situation ??

Nous demandons que le service RSA du Conseil Départemental de la Haute-Garonne considère cette situation exceptionnelle et reprenne le versement de cette aide à tou.te.s les binationaux-ales bloqué-es à l’étranger et fasse pression pour leur rapatriement rapide en France !

Réponse au live facebook de la mairie de Toulouse : Les points sur les i !

M. Moudenc, actuel maire de Toulouse, a réagi à nos questions sur le logement sur le live facebook de la municipalité du 20 mai.
Voici notre vidéo de réponse mettant en avant les contradictions des pouvoirs locaux.

 

Vous trouverez ci-dessous la version écrite de notre vidéo-réponse  :

 

Le 20 mai, Jean-Luc Moundenc a proposé un live facebook durant lequel il répondrait aux questions des toulousain-es, posées au préalable en commentaire.

Le DAL a posé trois questions sur les thématiques du paiement des loyers, du sans-abrisme et des réquisitions.

Par chance, Monsieur le maire nous a répondu. Nous avons étudié cette réponse et en avons fait un commentaire en vidéo – en voici une version résumée :

1ère question  : « Quelles sont les réponses de la Mairie concernant les difficultés de paiement des loyers ? » Pour lire plus…

COMMUNIQUÉ DU DAL31 DES MASQUES POUR TOUTES ET TOUS ? SAUF POUR LES PLUS PRÉCAIRES !

L’heure du déconfinement est arrivée. On aurait pu se dire que les pouvoirs publics profiteraient de ces deux mois pour préparer cette reprise dans des conditions sanitaires satisfaisantes.  
Malheureusement c’est tout l’inverse et le monde d’avant reprend du poil de la bête. Le gouvernement laisse l’économie de marché réguler le prix des masques alors qu’il aurait été essentiel de les distribuer gratuitement.  
La Mairie de Toulouse quant à elle, a pris la décision de distribuer des masques de protection par voie postale « pour tout le monde »… mais qu’en est-il de celles et ceux mis à l’abri dans un centre ou un hôtel d’urgence, ou tout simplement celles et ceux sans logement ?  
Nous nous retrouvons donc, à l’image de celle du début du confinement, dans une situation des plus absurde : le port du masque est obligatoire, mais aucune solution n’est apportée par les pouvoirs publics pour les populations les plus précaires.  Celles qui par ailleurs, subissent de plein fouet, depuis déjà deux mois, les conséquences financières du confinement (loyer, courses etc.). La solution proposée par la Maire sera-t-elle réellement d’imposer aux sans-abris de se payer eux-mêmes leurs masques ? Eux qu’on a abandonné lâchement pendant cette crise et qu’on a même voulu verbaliser ! La Mairie et la préfecture va-t-elle réellement les laisser à la rue sans aucune protection ?
Et bien, il semblerait que oui. En effet, nous avons appelé la Mairie à plusieurs reprises pour savoir s’il y avait des points de distribution pour les plus précaires et les sans-abris, et la seule réponse qui nous a été apportée était de nous dire « qu’ils n’avaient pas d’informations et qu’il fallait rappeler en fin de semaine pour peut-être avoir des solutions »… et d’autres services comme le 115 avouent tout simplement qu’il faut malheureusement les acheter.
Comment peut-on être si irresponsables ? Comment peut-on laisser à la merci de ce virus des populations aussi fragiles !
 
Nous exigeons des pouvoirs publics :
– la distribution gratuite de masques dans des points définis
– la mise à l’abri des sans-abris par la réquisition des bâtiments vides
– une suspension des impayés locatifs et une aide sociale conséquente pour les populations les plus précaires